Jour de Rugby
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Perpignan 25-10 Toulouse
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Edimbourg ou USAP, même combat. Une semaine après son élimination en quart de finale de la Coupe d’Europe par les Ecossais (19-14), les Toulousains avaient l’occasion de se refaire le moral en se concentrant sur le Top 14, désormais leur seul et unique objectif. Las, le déplacement à Aimé-Giral a apporté plus de questions que de réponses. Même si le dernier essai de Michel (80e) est anecdotique, la victoire de l’USAP ne souffre d’aucune contestation. Elle doit énormément au courage des Catalans mais aussi à la pauvreté du jeu toulousain, qui n’a existé qu’en première période.
Pendant quarante minutes, les Rouge et Noir ont au moins fait circuler le ballon et ont percé régulièrement la défense adverse. Le jeu n’était pas encore celui d’un champion de France mais bien celui d’un prétendant au titre. «Je suis quand même satisfait de la première période, même si je vois deux coups que nous aurions pu mieux jouer», a reconnu Jean-Baptiste Elissalde au micro de Canal + Sport. L’entraîneur des arrières a bien eu raison de profiter de ces minutes où Toulouse affichait un visage gaillard, car la suite n’a rien eu de réjouissant.
Comme face à Edimbourg, Toulouse s’est éteint à petit feu durant le second acte. Archi dominé en touche avec une dizaine de ballons perdus et donc incapable de lancer son jeu, le Stade Toulousain n’a rien pu faire face des Catalans qui avaient enfin compris comment jouer leurs adversaires. Au lieu de chercher vainement à contourner une défense bien en place, les Sang et Or ont fini par jouer en percussion dans l’axe. En jetant toutes leurs forces dans les rucks, ils ont fini par gagner tous les ballons importants et le match avec. Mais les crampes, les arcades explosées et les genoux tordus témoignaient de l’intensité qu’il avait fallu mettre dans la rencontre. Côté toulousain, la malédiction du vendredi 13 a frappé chez les talonneurs. Entré à la pause, William Servat n’a joué que trois minutes avant de quitter le terrain avec une grosse inquiétude sur les croisés de son genou droit. Tolofua expulsé, Yoann Montès est devenu le huitième talonneur utilisé depuis le début de la saison. Côté catalan, Cazenave et Sid n’ont pu terminer la rencontre.
En s’offrant le champion en titre, l’USAP s’est également offert une fin de week-end sans pression. Mais aucun triomphalisme n’était de mise après le match. «Le maintien n’est pas encore assuré,estime Nicolas Mas. Mais si on continue à se vider les tripes à chaque match, ça ira. On revient de loin et il ne faut pas lâcher la pression.» Un état d’esprit également partagé par Christophe Manas : «Ce n’est pas le moment de se relâcher car au niveau comptable, ce n’est pas fait. Mais tout le monde va continuer à travailler. Quoi qu’il arrive dans les autres matches du week-end, on aura la satisfaction de se dire qu’on a fait ce qu’il fallait. On est soulagés». Un terme que les Toulousains n’ont pas dû utiliser dans leur vestiaire. Mais Jean-Baptiste Elissalde voulait rester positif :«Le carton jaune nous fait mal, vu notre tenue en mêlée. Les joueurs sont fatigués, c’est indéniable, notamment derrière où nous sommes à court de solutions. On ne réduit pas nos ambitions pour autant, on va s’accrocher. C’est dans ces moments que le tempérament des joueurs se verra ». Oui, on verra.
Clermont 25-9 Stade Français
L’ASM est bien l’équipe du moment. Une semaine après avoir impressionné face aux Saracens (3-22) en quart de finale de la H Cup, les Auvergnats ont disposé du Stade Français (25-3) avec une équipe largement remaniée (Rougerie, Bonnaire, Byrne sur le banc. Parra laissé au repos). Mais les appuis de feu de Nakaitaci, auteur d’une percée de 30 mètres sur l’essai de Cabello (23e) et le volume de jeu des Jaunards auront fait la différence.
Clermont n’a jamais été mis en danger par les Parisiens. Mais Clermont a mis du temps pour se mettre à l’abri. Les Auvergnats auront dû attendre la 50e minute de jeu pour prendre dix points d’avance suite au drop de Brock James (16-6) et imposer leur rythme à leurs adversaires.Sur la lancée de son match plein face aux Saracens (23-22), Brock James a confirmé sa grande forme face aux Parisiens en étant irréprochable aux pieds (20 points dont un drop). L’ouvreur australien a également bien alterné le jeu quand son équipe était sous pression.
Agen 22-13 Toulon
Sur ses 11 premiers matches, le SUA n’a essuyé que trois défaites (Castres, Toulouse et Clermont) et passé six journées dans le groupe des barragistes. Un début prometteur. Trop peut-être? Le demi-de-mêlée agenais, Maxime Machenaud, est lucide : «on ne va pas se mentir, on a exploité les vides créés par les mondialistes». Perpignan (19-12), le Stade Français (37-13), Montpellier (18-12) ou encore Bayonne (37-18), entre autres, subissent la dynamique agenaise. Mais même dans la réussite, le doute n’est pas loin pour le club du Lot-et-Garonne : «A ce moment-là, on pense aux phases finales, oui, admet Machenaud, mais on se dit qu’il va falloir s’accrocher et assumer le statut d’outsider.» Oui mais voilà, sur la route de son succès, Agen croise une équipe à la carrosserie bien rodée : Toulon.
13 décembre, les Agenais partent dans le Var entendre le Pilou Pilou. Ils en reviendront abasourdis par la désillusion (34-12): «On pensait pouvoir rivaliser… et en fait non ! déplore Machenaud. Après le retour des internationaux, on s’est rendu compte qu’on ne jouait pas au même niveau que les équipes du haut de tableau et on s’est mis à douter.» Une prise de conscience qui installe alors l’équipe dans un état d’esprit un peu compliqué car l’euphorie des débuts est rapidement remplacée par le doute et parfois la panique. C’est le début de la série noire : Agen perd face au Racing (26-8), à Biarritz (15-6), à Lyon (19-11), Toulouse (21-10), Clermont (29-20). Et puis, viennent les «deux claques» : les déplacements au Stade Français (53-27) et à Montpellier (44-18) : «Il n’y avait rien. Rien. Physiquement, mentalement… Je ne nous reconnaissais pas, il n’y avait pas d’envie» assume Maxime Machenaud. En 11 matches, Agen n’enregistre que trois victoires (Brive, Castres et Perpignan) et s’impose une fin de saison difficile: «Nous avons pris nos responsabilités, déclare Jean Monribot. Nous avons beaucoup travaillé cette semaine pour préparer ce match (face à Toulon, samedi, ndlr) et nous ferons tout pour remporter la victoire.»
Samedi (14h15), Agen reçoit Toulon, ce même club qui l’a plongé, il y a quatre mois, dans la difficulté : «C’est le match de la saison» prévient Maxime Machenaud. A l’occasion de la conférence de presse de ce mercredi, Adri Badenhorst, Jean Monribot, Jamie Robinson mais aussi le président Alain Tingaud ont d’ailleurs appelé leurs supporters à la mobilisation: «Nous avons plus que jamais besoin de nous sentir soutenus par notre public.» Actuellement 8e au classement général (avec 44 points), Agen n’a qu’un seul objectif : les 46 points libérateurs assurant le maintien. «On n’a pas les phases finales en tête, assure Machenaud, ce qu’on veut, c’est être certains du maintien pour pouvoir s’amuser sur la fin de saison.» Après Toulon, les Agenais se déplacent à Bordeaux puis Bayonne avant d’accueillir le Racing. Pour le dernier match de sa saison ou celui qui précédera son quart de finale (mathématiquement, c’est encore possible)? La suite, samedi, au prochain épisode.
Racing Metro 40-19 Brive
«Déconcerté». C’est l’adjectif employé par Ugo Mola, à peine dix minutes après le début de la rencontre. Car le Racing est parti fort, très fort. Le chronomètre à peine enclenché, les Ciel et Blanc entament un match de morts de faim, entre réussite (une pénalité et un essai transformé en dix minutes) et désordre (les franciliens se font souvent prendre en mêlée), l’équipe de Fabrice Estebanez, ancien Briviste, se déchaîne. Mais, heureusement pour Brive, et, selon les mots d’Henry Chavancy, l’indiscipline est «le plus grand défaut cette saison» du Racing ; il n’en n’a pas pour autant le monopole. Le pilier Kakovin (Toulousain la saison prochaine) sort sur carton à la 30e minute, laissant Jefferson Poirot, le jeune mais néanmoins impressionnant espoir le soin de le remplacer à la mêlée. A la mi-temps : 16-9 pour le Racing.
Malgré un sursaut de vingt minutes au retour des vestiaires, Brive accuse un passage à vide de dix minutes, qui lui coûte… trois essais : «On a respecté le jeu pendant 20 minutes, déplore Ugo Mola. Mais il n’y a pas photo, le Racing est redoutable. On n’avait jamais trop craqué depuis le début de la saison, c’est aujourd’hui que ça arrive.» Qovu puis Imhoff puis encore Qovu, les Corréziens encaissent la puissance de jeu des Ciel et Blanc, organisés, pugnaces et libérés. Au coup de sifflet final, 40-19 : «C’est dur, déclare Alexandre Bias, surtout dans notre position. On a encore des points à assurer. On voulait au moins en prendre un. On a fait la plus mauvaise entame de match de notre saison.» Mais côté Franciliens, ce point de bonus offensif est mérité: «On conclut notre saison à Colombes de la meilleure des manières» jubile Chavancy, à côté d’un Fabrice Estebanez plus «mitigé», dont la situation de son ancien club ne lui fait guère plaisir: «Je sais que Brive avait besoin de points». Car, si le Racing fait une belle opération en s’installant dans le groupe des barragistes, Brive n’est pas encore assuré du maintien.
Montpellier 43-12 Lyon OU
Montpellier ne plus fait plus de cadeaux. Lyon en a fait les frais au Stade Yves-du-Manoir en subissant un lourd revers (43-12), le quinzième de la saison qui condamne pratiquement le LOU à rejoindre la Pro D2. En présence d’Eric Béchu de retour au bord du terrain, les Héraultais ont proposé une démonstration de jeu en mouvement avec l’inévitable trois-quarts centre Geoffrey Doumayrou dans l’axe du terrain et la puissance de Mamula Gorgodze (voir par ailleurs). Toujours installé à la quatrième place du classement, le MHR a fait un grand pas vers une qualification en phase finale.
Le carton jaune du trois-quarts centre Waisale Sukanaveita (28e) aura condamné les minces espoirs lyonnais après un début de match pourtant convaincant avec une bonne organisation défensive (8-0 après 22 minutes). En infériorité numérique, les Rhodaniens ont concédé deux essais décisifs (29e, 33e) qui ont permis à Montpellier de faire le break (22-0).
Trois essais (29e, 33e, 47e) : Mamuka Gordoze a corrigé les Lyonnais avec sa puissance. Toujours bien placé au ras des regroupements, le troisième-ligne montpelliérain a impressionné par son aisance dans les duels.
Bayonne 24-19 Biarritz
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Rarement 4,9 km auront véhiculé une telle tension. De Jean-Dauger à Aguiléra, le chemin du 101e derby basque entre Bayonne (13e) et Biarritz (10e) légende cette saison le parcours tortueux de deux clubs à la dérive. Samedi, (16h15), le temps des sarcasmes sera balayé par l’instinct de survie en Top 14. «C’est sûr, c’est le derby le plus important que j’ai jamais disputé, avoue le talonneur du BO Arnaud Héguy qui a porté les couleurs des deux formations. L’enjeu est dramatique.» Si une victoire officialiserait le maintien du Biarritz Olympique dans l’élite, elle précipiterait quasiment l’Aviron en Pro D2. «Je pense que tout le côté populaire et un peu folklorique va s’effacer, estime Imanol Harinordoquy. Les supporters pensent d’abord à leur club plus qu’à la confrontation même, à l’équipe adverse et à tout l’environnement. Ça fait quelques semaines que l’on vit dans cette optique du maintien, on parle plus de nous, on analyse avant tout nos matches plus que ceux de l’adversaire. On est dans une bulle.»
Si l’intrusion de Lucien Harinordoquy avait animé le match aller (21-19), les à-côtés rocambolesques, belliqueux, passionnels de ce derby ne pourront se substituer à la quête de points de deux équipes. «Le charme de ce match existe un peu moins cette saison, reconnaît Harinordoquy. C’est moins passionnant, tu prends moins de plaisir. Tu savoures moins. On en profite plus quand il n’y a pas d’enjeux.» Avec quatre victoires consécutives, les Biarrots ont (un peu) oublié l’angoisse de la relégation. «Depuis notre victoire contre Clermont (15-14), on respire un peu plus, souligne Héguy. Ça chambre un peu plus aux entraînements, ça rigole. On sent davantage de décontraction. Les surnoms fusent à mon sujet : « le Bayonnais » (sourire). Mais on ne peut pas se permettre de trop faire les fanfarons.»
Une fois encore, les Bayonnais endosseront le rôle de victimes. «Bayonne a souvent connu des derby dans la difficulté avec la pression, rappelle Héguy.Quand j’y étais, c’était un match toujours difficile à appréhender.» Ce match de quartiers, ce face à face d’orgueilleux a-t-il au moins un avenir ? «On nous pose beaucoup la question : « alors, comment ça va se passer si Bayonne descend ou s’il y a une fusion dans le futur ? », raconte le talonneur biarrot. Ce serait triste que l’un des clubs descende. Après, si un jour on nous propose la fusion, on le fera. Mais ce n’est pas aux joueurs d’y penser.» L’heure est d’abord à cette âpre tragédie.
Castres 44-20 Bordeaux Bègles
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« Je me suis emmerdé cet après-midi devant ma télé. Ce soir, c’est pareil ». Les mots sont de Vincent Etcheto, entraîneur de l’Union Bordeaux-Bègles au micro deCanal + Sport. Dur, le coach girondin ? Réaliste, sûrement, tant ses joueurs ont bafouillé leur rugby et ont été bien loin de cette équipe surprise de la saison qui aime tant faire vivre le ballon. Et au moment même où Vincent Etcheto lâchait sa sentence, l’UBB, qui venait d’inscrire son premier essai de la soirée, se trouait sur la remise en jeu et voyait Marc Andreu inscrire un doublé (62e, 35-13) avec un essai à zéro passe. Non décidément, l’UBB n’y était pas.
Subissant la foudre castraise dès les premières minutes, les Girondins ont tenu par leur mêlée. Face à Castres, cela mérite d’être souligné. Et alors que le CO confondait rapidement vitesse et précipitation, on pouvait croire que les visiteurs allaient être en mesure de faire un coup à Pierre-Antoine. Sauf que l’UBB s’est trop vite mis à faire des fautes. Lorsque Romain Teulet joue dans l’équipe en face, ce n’est pas conseillé. L’arrière a mis presque tout entre les perches (21 points) et a permis à son équipe de se détacher très nettement au score. Handicapé par deux cartons jaunes (sévère pour Forbes, 31e, mais justifié pour Seron, 53e), l’UBB encaissait les coups sans réagir. De l’aveu même de Camille Lopez, les Girondins faisaient « des fautes d’école de rugby ». Dans ces conditions, le Castres Olympique n’avait pas vraiment besoin de se forcer pour évoluer un cran au-dessus de son adversaire du jour.
Une vraie déception pour cette équipe bordelaise qui avait habitué à mieux et qui n’a retrouvé son jeu que dans les dix dernières minutes. Suffisant pour priver les Castrais d’un bonus offensif qui leur aurait fait le plus grand bien. « On aurait pu mieux faire, oui. L’UBB a joué parfaitement les coups. On laisse échapper un point mais l’important était de renouer avec la victoire », se consolait Romain Teulet.
Classement
|
|
Pts |
J |
G |
N |
P |
p |
c |
+/- |
| 1 |
Stade Toulousain |
78 |
23 |
17 |
1 |
5 |
557 |
389 |
168 |
| 2 |
ASM Clermont |
78 |
23 |
17 |
2 |
4 |
546 |
311 |
235 |
| 3 |
Rugby Club Toulonnais |
63 |
23 |
12 |
4 |
7 |
502 |
341 |
161 |
| 4 |
Montpellier Hérault Rugby |
62 |
23 |
13 |
1 |
9 |
558 |
447 |
111 |
| 5 |
Racing Métro 92 |
59 |
23 |
12 |
1 |
10 |
515 |
478 |
37 |
| 6 |
Castres Olympique |
59 |
23 |
12 |
3 |
8 |
499 |
449 |
50 |
| 7 |
Stade Français |
53 |
23 |
10 |
2 |
11 |
515 |
522 |
-7 |
| 8 |
SU Agen |
48 |
23 |
11 |
1 |
11 |
429 |
491 |
-62 |
| 9 |
USAP |
44 |
23 |
8 |
2 |
13 |
421 |
484 |
-63 |
| 10 |
Biarritz Olympique |
43 |
23 |
8 |
2 |
13 |
370 |
479 |
-109 |
| 11 |
CA Brive-Corrèze |
42 |
23 |
7 |
1 |
15 |
364 |
378 |
-14 |
| 12 |
Union Bordeaux-Bègles |
41 |
23 |
9 |
0 |
14 |
404 |
566 |
-162 |
| 13 |
Aviron Bayonnais |
38 |
23 |
7 |
3 |
13 |
399 |
559 |
-160 |
| 14 |
Lyon LOU |
30 |
23 |
5 |
3 |
15 |
323 |
508 |
-185 |
Source: www.lequipe.fr
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